La lettre hebdomadaire #218

Zukiswa Wanner, prix du meilleur article sur les droits humains, festivals des médias indés...

Pochette de Toussaint est mort dans sa tombe (Actes Sud BD).
© Sadri Khiari

DANS L’ACTU

DES NOUVELLES DES PROJETS D’AFRIQUE XXI

Afrique XXI tient à vous remercier pour votre soutien indéfectible : grâce à vous, nous avons pu réussir notre appel à dons lancé en fin d’année et atteindre les 40 000 euros dont nous avions absolument besoin pour boucler notre budget 2025 et démarrer l’année 2026. Le nombre de donateurrices mensualisées a par ailleurs augmenté de 20 %. Rappelons-le : ce financement équivalent à un abonnement mensuel à prix libre (alors que nous laissons nos contenus en accès libre pour toutes et tous) permet à Afrique XXI de consolider son modèle économique et d’avoir plus de visibilité.

Lors de notre dernière levée de fonds, nous vous proposions de préfinancer la fabrication de notre premier ouvrage : les chroniques de l’autrice et militante sud-africaine Zukiswa Wanner, embarquée en septembre sur la flottille Global Sumud pour briser le blocus imposé à Gaza par Israël. Les illustrations sont réalisées par l’auteur et journaliste Nicolas Michel ; l’auteur et poète Abdourahman Wabéri signe la préface.

L’ouvrage est actuellement en fabrication : mise en page des textes (dont plusieurs inédits de l’autrice), illustrations, page de garde, etc. Nous espérons pouvoir livrer le « bon à tirer » à l’imprimeur d’ici le milieu du mois de mars, pour une sortie officielle fin mars ou début avril. Celles et ceux qui ont fait un don correspondant à la précommande le recevront directement à leur domicile.

Celles et ceux qui souhaitent l’acquérir plus tard, vous pourrez passer commande auprès d’Afrique XXI, soit par courrier (toutes les infos ici), soit en nous rencontrant lors des divers évènements auxquels nous participerons. En avril, Afrique XXI et Orient XXI seront d’ailleurs présents au Festival des médias indés (FMI) organisé à Rennes.

Cette initiative, lancée par La Paillette (la Maison des jeunesses et des cultures), est organisée en partenariat avec le Fonds pour une presse libre (FPL) les 11 et 12 avril. Vous pourrez venir nous rencontrer au village des médias indépendants parmi une cinquantaine d’autres confrères, nous entendre lors d’une des quarante tables rondes… Le samedi à partir de 14 heures et le dimanche dès 10 heures. Le festival se déroule entre le Théâtre (6, rue Louis Guilloux) et le Lavoir (2, rue du Pré de Bris).

Nous serons également présents à Paris, à Ground Control, les 25 et 26 avril, pour un autre festival des médias indés… N’hésitez pas à venir discuter avec nous !

Seul votre soutien nous permet d’exister et de poursuivre notre mission d’information face à des médias de plus en plus puissants et guidés par des agendas politiques nauséabonds. Ce soutien est loin d’être vain malgré les nuages qui s’amoncellent : le 26 février, l’un de nos contributeurs réguliers, le journaliste kényan Robert Amalemba, a reçu le prix du meilleur article sur les droits humains en Afrique lors de l’Africa Media Festival, à Nairobi, pour son papier « Partir ou mourir, le terrible choix des lanceurs d’alerte au Kenya », paru dans nos colonnes le 26 mai 2025. Umar Farouk, du Nigeria, et Tracy Ann Bonareri, du Kenya, ont reçu les 2e et 3e prix.

Votre soutien permet de bouger les lignes. Nous comptons sur vous.

Le Comité éditorial

JE FAIS UN DON


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

À LIRE

LE DESTIN DU CORPS DU CHRIST NOIR SOUS LE CRAYON DE SADRI KHIARI

Comment a été traité Toussaint Louverture après son dernier souffle ? C’est sur ce « détail » de la grande histoire que s’est attardé le doyen de la bande dessinée tunisienne, Sadri Khiari. Le portrait de cet artiste tunisien avait été dressé par Orient XXI en 2023. On y apprend que le dessinateur travaillait déjà, depuis plusieurs années, sur les planches qui illustrent le roman graphique paru en février chez Actes Sud BD, Toussaint est mort dans sa tombe, essai sur le saccage méticuleux d’un corps.

Ainsi que l’explique l’auteur dans sa postface, son travail est en grande partie basé sur un ouvrage publié en 1920 : Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint Louverture. Notre pèlerinage au fort de Joux, du colonel et diplomate haïtien Alfred Auguste Nemours. L’enquête minutieuse de ce dernier pour retrouver les restes du célèbre révolutionnaire haïtien, basée sur des documents administratifs et sur ses propres recherches, est un condensé de propos et de pratiques racistes.

Non seulement celui qui a conduit Haïti vers la libération (en janvier 1804, Saint-Domingue devient la première République noire au monde ; il est arrêté en 1802) a été capturé et enfermé comme un animal dans le fort de Joux, dans le Doubs, en France, où il est rapidement terrassé par la maladie (1803), mais sa dépouille a de plus été littéralement pillée : ses vêtements ont été vendus aux enchères, son corps a été mutilé sous couvert d’une autopsie, puis déposé dans un « pourrissoir », sous la chapelle de la prison, au milieu de squelettes de militaires de la garnison. Ce fut, dit Sadri Khiari, « le meurtre du “Christ noir”, la destruction du corps historique et symbolique de la révolution antiesclavagiste ».

Chapelle détruite, calotte du crâne mise sous verre et oubliée dans une bibliothèque poussiéreuse, faux crâne attribué au défunt… Les restes de Toussaint Louverture sont demeurés introuvables, et il faut attendre 1983 pour que ses « restes symboliques », à savoir de la terre en provenance du fort de Joux, soient officiellement remis par la France à Haïti.

Sadri Khiari, Toussaint est mort dans sa tombe, essai sur le saccage méticuleux d’un corps, Actes sud BD, roman graphique de 122 pages, publié le 4 février 2026, 22 euros.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

LES ARTICLES DE LA SEMAINE

La RD Congo et le panafricanisme de la photo
Histoire La photographie congolaise a 100 ans. L’occasion d’ouvrir un dialogue sur la manière dont l’œil étranger a illustré une narration nationale. Aujourd’hui, les photographes contemporains affirment une lecture décoloniale de cette histoire et revendiquent pleinement le droit à l’autoreprésentation.
Par Tom Schneider

Seloua Luste Boulbina : « L’extractivisme des savoirs persiste »
Entretien La remise en question accrue de l’hégémonie occidentale, de son ordre épistémique et de ses traditions de pensée ouvre la voie à des possibilités infinies. Dans cette dynamique, quels sont le rôle et la place du « Sud global » qui a tant subi la dépendance et l’aliénation intellectuelle ? La philosophe Seloua Luste Boulbina répond aux questions d’Afrique XXI.
Par Atfa Memaï

L’African Initiative consolide l’influence de la Russie en Afrique
Entretien Avec la réorganisation des structures liées à la société militaire privée Wagner, Moscou regroupe tous ses leviers d’influence, qu’ils soient culturels ou médiatiques. Au cœur de ce nouveau dispositif, l’African Initiative, qui s’appuie notamment sur des influenceurs locaux et des journalistes formés dans ses écoles.
Par Bah Traoré Legrand

Vous avez aimé cet article ? Association à but non lucratif, Afrique XXI est un journal indépendant, en accès libre et sans publicité. Seul son lectorat lui permet d’exister. L’information de qualité a un coût, soutenez-nous (dons défiscalisables).

Faire un don