
Depuis le début de l’année 2025, le Cameroun égrène les noms de ses enfants morts comme on égrène un chapelet funèbre. Divine Mbarga Atangana, 11 ans, enlevée puis tuée après des sévices sexuels à Nkoabang, en périphérie de Yaoundé1. Mathis, 6 ans, assassiné par un voisin à Yaoundé. Karl Ethan, 11 ans, tué à son domicile de Minkan. Un nourrisson de 1 an mis à mort par son oncle à Ndogpassi, à Douala. Un triple infanticide suivi d’un suicide à Nkolbisson ... Chacune de ces affaires a suivi la même trajectoire : un emballement sur les réseaux sociaux camerounais, une indignation qui déborde les frontières nationales puis, invariablement, un silence institutionnel qui finit par devenir, lui aussi, un objet de scandale.
Ce qui s’est joué au premier semestre 2026 dépasse la simple accumulation de faits divers tragiques. C’est un changement de régime discursif. Le pays a commencé à nommer « infanticide » ce qu’il avait longtemps rangé dans la catégorie floue et rassurante de « drame familial ». Ce déplacement sémantique n’est pas anodin. Il rejoue, à l’échelle camerounaise, la bataille conceptuelle qui a permis ailleurs de faire du mot « féminicide » un outil d’analyse politique plutôt qu’un simple constat judiciaire : nommer, c’est refuser l’explication par la fatalité individuelle, et exiger une lecture structurelle de la violence.
Le point de bascule est venu au premier semestre 2026. Une conférence de presse gouvernementale, tenue le 1er juin à Yaoundé2, a officiellement recensé 77 féminicides pour la seule année 2025, ainsi que « des dizaines » de violences graves commises contre des enfants sur la même période, un chiffre que plusieurs observateurs jugent très inférieur à la réalité, tant le signalement reste faible dans un pays où dénoncer un proche expose souvent la victime elle-même à l’opprobre.
« La famille reste le premier lieu de danger »
Un fait revient de façon systématique : dans l’écrasante majorité des cas, l’auteur n’est pas un inconnu, mais une personne du cercle proche de l’enfant – conjoint du parent, membre de la famille élargie, voisin... Une enquête relayée par VOA Afrique en 2020 établit que près de 90 % des violences sexuelles sur mineurs recensées sont commises dans le cercle familial ou amical de la victime3. Ce constat déplace le regard : ce n’est pas la rue qui menace en premier lieu l’enfant camerounais, c’est le foyer, cette institution que la représentation sociale dominante continue pourtant de désigner comme le lieu naturel de la protection.
Agnès Tsimi, psychologue clinicienne résidant à Yaoundé, explique : « La famille reste le premier lieu de danger pour l’enfant camerounais, bien avant la rue ou l’inconnu. C’est ce qui rend le sujet si difficile à traiter socialement : il faut accuser quelqu’un qu’on connaît. »
Le premier obstacle à toute analyse rigoureuse est d’ordre statistique. En effet, le Cameroun ne dispose pas d’un système de comptage exhaustif et régulièrement actualisé des violences faites aux enfants. Les chiffres disponibles proviennent de sources hétérogènes (communiqués gouvernementaux ponctuels, rapports d’ONG, signalements associatifs) rarement consolidées en une série longue et comparable.
À l’échelle régionale, la comparaison avec la République démocratique du Congo, où l’Unicef a recensé près de 35 000 cas de violences sexuelles contre des enfants sur les neuf premiers mois de 2025 seulement, soit près de 40 % de l’ensemble des violences sexuelles signalées dans le pays4, donne la mesure d’un problème qui dépasse les frontières camerounaises. Mais, au Cameroun, il trouve des expressions spécifiques liées à son histoire politique, à sa géographie des conflits et à son économie de la pauvreté.
Précarité sociale, violences conjugales, sorcellerie...
Le récit collectif camerounais peine encore à intégrer une donnée que les enquêtes démographiques établissent pourtant depuis plusieurs années. Plus de la moitié des femmes camerounaises en couple déclarent avoir subi des violences conjugales à un moment de leur vie, et près de quatre femmes sur dix âgées de 15 à 49 ans rapportent avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans5. Un foyer où la violence conjugale est endémique n’est statistiquement pas un foyer protecteur pour les enfants qui y grandissent, ne serait-ce qu’en tant que témoins directs. Une réalité que la littérature internationale sur les violences intrafamiliales documente de longue date. En Afrique, les violences sexistes et sexuelles sont un fléau, rien n’indique qu’elles soient spécifiques au Cameroun.
Une partie plus marginale mais tout aussi révélatrice de ces drames relève d’une autre logique : celle du néonaticide, cette forme spécifique d’infanticide qui touche le nouveau-né dans ses premières vingt-quatre heures de vie. La littérature clinique internationale, qui a étudié ce phénomène de façon approfondie hors du contexte camerounais, montre qu’il est le plus souvent l’aboutissement d’un déni de grossesse non pris en charge. Une grossesse qui échappe à la conscience de la mère elle-même, avec des signes physiques atténués ou absents, et qui se termine par un accouchement solitaire, non assisté, dans un état de sidération psychique aiguë6.
Les mêmes travaux soulignent que le rôle de la précarité sociale y apparaît central pour une partie des chercheurs, aux côtés de facteurs psychopathologiques individuels, et qu’aucun profil type ne permet d’anticiper ces situations, ce qui rend la prévention particulièrement difficile en l’absence de suivi prénatal généralisé. Dans un pays où l’accès aux soins prénatals, à la contraception et à l’interruption de grossesse reste très inégal selon les régions et les revenus, ce terreau clinique rencontre un terreau social spécifique. De l’avis d’un sociologue camerounais rencontré sur le campus de l’université de Yaoundé 1, « on ne peut pas comprendre ces drames en les enfermant dans la seule catégorie du fait divers criminel. Il y a une lecture cosmogonique qui coexiste avec le droit positif et qui, dans certains cas, vient légitimer la violence a posteriori aux yeux mêmes de son auteur ».
Une lecture sociologique du phénomène permet d’intégrer une dimension que le seul prisme juridique ne saisit pas, notamment la persistance, y compris en milieu urbain, d’un imaginaire où le malheur, la maladie ou l’échec social trouvent leur explication dans l’action de forces occultes. Des travaux de psychologie clinique menés au Cameroun montrent que certaines familles continuent d’attribuer les troubles de comportement de leurs enfants à des causes mystico-religieuses, à la sorcellerie ou à des pratiques comme le « famla », par lequel un enfant serait rendu malade ou possédé par un tiers malveillant7. Cette grille de lecture cosmogonique est loin d’être un simple folklore résiduel. Elle structure encore, dans certains foyers, la manière dont les adultes perçoivent leurs enfants et justifient, a posteriori, des actes de violence extrême. L’enfant « accusé » de sorcellerie devenant la cible d’un rejet, voire d’une agression, censée le « délivrer » ou protéger la famille d’un danger surnaturel qu’on lui impute. L’urbanisation rapide de villes comme Douala, Yaoundé ou Bafoussam n’a pas dissout ce triple pôle d’autorité spirituelle (églises et mosquées, guérisseurs traditionnels, chefferies coutumières), qui continue de coexister, parfois en tension, avec l’appareil d’État et son offre de protection sociale et judiciaire. C’est précisément cette coexistence de plusieurs régimes de vérité sur l’origine du malheur qui rend le travail de prévention si complexe.
Les conflits armés aggravent la situation
Dans la région de l’Extrême-Nord, la violence faite aux enfants prend un visage spécifique, indissociable du conflit contre Boko Haram qui affecte la zone depuis 2013. Selon des données de l’Unicef citées il y a quelques années par International Crisis Group8, dès 2013, 31,9 % des jeunes filles de l’Extrême-Nord étaient mariées avant l’âge de 15 ans, contre 13,4 % à l’échelle nationale, et 67,7 % l’étaient avant 18 ans, contre 38,4 % au niveau national.
Ces deux tendances se sont accentuées après 2014 dans la région, alors qu’elles reculaient dans le reste du pays. Le conflit a créé des conditions propices à l’exploitation des mineures. L’absence de jeunes hommes de la zone, partis rejoindre Boko Haram, tués, ou déplacés pour fuir les recrutements forcés et les soupçons des forces de sécurité, a laissé le champ libre à des militaires disposant de pouvoir et de ressources dans un contexte de précarité extrême. Les rapports de force ainsi créés rendent, selon Crisis Group, très difficile toute évaluation du consentement réel dans les relations sexuelles qui s’y nouent. Le mariage précoce, présenté par certaines familles comme une protection contre la précarité ou le déshonneur, fonctionne en réalité comme une forme institutionnalisée de violence sexuelle sur mineures, dont les grossesses qui en résultent viennent alourdir encore la vulnérabilité de ces jeunes filles.
Cette réalité régionale ne peut être dissociée d’une donnée économique brute. À cet effet, selon l’Unicef, environ 37,7 % des ménages camerounais vivaient au-dessous du seuil de pauvreté en 2022, contre 37,5 % en 2014, soit une progression en valeur absolue de 8 à 10 millions de personnes touchées sur la période9. Mais cette moyenne nationale masque un abîme régional. Les régions du Centre, du Sud et du Littoral affichent un taux de pauvreté inférieur à 25 %, tandis que l’Extrême-Nord, le Nord et le Nord-Ouest, précisément les régions les plus affectées par les conflits armés (dont en région anglophone), connaissent des taux supérieurs à 60 %. La carte de la vulnérabilité économique des enfants camerounais se superpose presque exactement à la carte des conflits armés et des taux de mariage précoce. Ce n’est pas une coïncidence, mais un système.
Dysfonctionnement de la justice et impunité de fait
Contrairement à une idée reçue, le Cameroun n’est pas dépourvu de dispositif légal pour réprimer ces crimes. Le Code pénal camerounais prévoit des peines pouvant atteindre jusqu’à vingt-cinq ans de réclusion ferme pour les faits de viol ou de rapports sexuels avec un mineur10. La loi protège théoriquement l’enfant à travers des dispositions spécifiques du Code pénal, dont un huis clos obligatoire dans les procédures judiciaires impliquant des mineurs, ainsi qu’un tribunal spécialisé pour la délinquance juvénile.
Cet arsenal se heurte pourtant à une chaîne de dysfonctionnements qui aboutit, trop souvent, à une impunité de fait. L’enquête de VOA Afrique déjà citée documente ainsi l’indifférence de nombreux procureurs face aux dossiers de violences sexuelles sur mineurs, malgré la sévérité théorique des peines encourues. Les obstacles sont multiples : lenteur et coût de la procédure judiciaire, absence de moyens des services sociaux pour accompagner les familles, réticence des proches à porter plainte contre un membre de leur propre cercle familial, pression communautaire en faveur d’un règlement à l’amiable et défaillance persistante de l’état civil – près de 1,67 million d’élèves camerounais, soit environ 29 % des enfants scolarisés, ne disposent toujours pas d’acte de naissance, selon les données les plus récentes de l’annuaire statistique national, ce qui complique jusqu’à l’identification juridique des victimes mineures et, en aval, la constitution même du dossier pénal.
« La loi camerounaise n’est pas le problème sur le papier. Le problème, c’est la chaîne pénale : un procureur débordé, une famille qui retire sa plainte sous la pression du quartier, un service social sans moyens pour accompagner l’enfant jusqu’au bout de la procédure », indique maître Essomo, avocat au barreau du Cameroun. La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés, principal organe non judiciaire de recours, ne dispose elle-même que d’un pouvoir de recommandation non contraignant, ce qui limite structurellement sa capacité à faire pression sur les autorités judiciaires et administratives.
Limites budgétaires
Il serait inexact de dire que l’État camerounais n’a jamais pensé la protection de l’enfance. Dès 2008, le Document-cadre de la politique nationale de développement intégral du jeune enfant posait un premier cadre de référence, bien que limité à la petite enfance11. En décembre 2017, une Politique nationale de protection sociale (PNPS), élaborée avec l’appui de l’Unicef et du Bureau international du travail, a précisé les mécanismes de coordination, de financement et de suivi-évaluation du système de protection sociale, y compris au niveau des collectivités territoriales décentralisées12.
La seconde est celle de la déconcentration effective des services sociaux. La décentralisation, présentée depuis des années comme un levier de rapprochement des services publics vers les citoyens, notamment via la mise sur pied d’une fonction publique locale, demeure un chantier inachevé, ce qui signifie concrètement qu’un enfant victime de violence dans une localité reculée du Nord ou de l’Extrême-Nord dispose de bien moins de recours effectifs qu’un enfant de Yaoundé ou de Douala13.
L’État sous la pression de l’opinion
Face à la mobilisation des réseaux sociaux et à la pression médiatique suscitée par les affaires Divine Mbarga et Mathis, largement commentées14, l’État camerounais a dû sortir d’une forme de silence relatif. Des arrestations rapides ont été opérées, comme celle du principal suspect dans l’affaire Divine Mbarga, interpellé le 26 mars, et au moins une condamnation à mort a été prononcée dans une affaire d’assassinat d’enfant, celle de « Mathis ».
Le gouvernement a par ailleurs annoncé le déploiement progressif d’une centaine d’abris temporaires pour l’accueil des victimes, ainsi que la création de « Gender Desks » et de « Child Desks » au sein de certains commissariats et brigades de gendarmerie, et la mise en place d’une ligne téléphonique d’assistance aux enfants en détresse. Ces annonces, aussi bienvenues soient-elles, s’inscrivent dans un temps politique très différent de celui de la réforme structurelle.
Elles répondent à l’urgence de l’opinion, quand les causes profondes du phénomène (pauvreté régionale, déficit d’état civil, dérives des croyances mystico-religieuses, sous-financement chronique du travail social, effets collatéraux d’un conflit armé sur les structures familiales) appellent des politiques publiques de long terme, largement moins spectaculaires et, donc, politiquement moins rentables à court terme.
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1Afrik.com, « Cameroun : face à la spirale de l’infanticide, la riposte s’organise », avril 2026 ; En quête de solutions, « Cameroun : quand les mutations sociales fabriquent des meurtres dans les ménages ! », avril 2026.
2237online.com, « Féminicides au Cameroun : 77 cas en 2025, le gouvernement réagit », juin 2026.
3VOA Afrique, « Les enfants camerounais victimes de violences sexuelles face à l’indifférence des procureurs », 2020.
4Unicef, « La violence sexuelle contre les enfants est « ancrée » et continue de progresser en République démocratique du Congo », décembre 2025.
5Panoramapapers.com, « 41e édition de la JIF : les données statistiques de la violence faite aux filles et aux femmes au Cameroun et en RCA », mars 2026 ; Institut national de la statistique du Cameroun, « Les femmes et les hommes, les filles et les garçons au Cameroun », disponible en PDF.
6« Déni de grossesse et néonaticide : aspects cliniques et psychopathologiques » ; « Le déni de grossesse : un défi clinique et psychologique » ; « Du déni de grossesse au néonaticide : hypothèses diagnostiques autour d’un cas », EM-Consulte / Science Direct, synthèse de la littérature clinique internationale sur le sujet, à mobiliser ici à titre de cadre explicatif général et non comme donnée spécifiquement camerounaise.
7Cairn.info, « Psychothérapie des familles camerounaises confrontées à la sorcellerie » https://shs.cairn.info/revue-therapie-familiale-2016-3-page-293?lang=fr, Thérapie familiale, 2016.
8International Crisis Group, « Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun », 2019.
9Unicef Cameroun, « Politique sociale », données 2022 sur la pauvreté monétaire et ses disparités régionales.
10Code pénal camerounais, dispositions relatives au viol et aux rapports sexuels avec mineur.
11Ministère des Affaires sociales du Cameroun (Minas), « État des lieux sur la protection sociale de l’enfance ».
12Mincepat, Unicef, BIT, « Politique nationale de protection sociale (PNPS) au Cameroun », disponible en pdf]. En 2016, une plateforme nationale de protection de l’enfance a même été créée en partenariat avec l’Unicef pour mieux coordonner la prévention, le signalement, la prise en charge et la réinsertion des enfants victimes de violences.
Cette architecture institutionnelle, réelle sur le papier, se heurte à deux limites structurelles. La première est budgétaire. Les priorités d’investissement de l’État pour le triennat 2024-2026 mentionnent certes la poursuite du projet Filets sociaux et de la Politique nationale du genre, mais, dans une programmation dominée par les grands projets d’infrastructures et la reconstruction des régions en crise, la part consacrée spécifiquement à la protection de l’enfance reste difficile à isoler et, selon plusieurs acteurs du secteur social, structurellement sous-dotée au regard de l’ampleur des besoins[[Minepat, « Programmation budgétaire 2024-2026 : les priorités sont connues » ; Minas, art. cité, sur les limites de la décentralisation des services sociaux.
13Mincepat, « Programmation budgétaire 2024-2026 : les priorités sont connues » ; Minas, art. cité, sur les limites de la décentralisation des services sociaux.
14Jeune Afrique, « Au Cameroun, la polémique sur les infanticides obligera-t-elle l’État à agir ? », avril 2026.
15Afrik.com, « Cameroun : face à la spirale de l’infanticide, la riposte s’organise », avril 2026 ; En quête de solutions, « Cameroun : quand les mutations sociales fabriquent des meurtres dans les ménages ! », avril 2026.
16237online.com, « Féminicides au Cameroun : 77 cas en 2025, le gouvernement réagit », juin 2026.
17VOA Afrique, « Les enfants camerounais victimes de violences sexuelles face à l’indifférence des procureurs », 2020.
18Unicef, « La violence sexuelle contre les enfants est « ancrée » et continue de progresser en République démocratique du Congo », décembre 2025.
19Panoramapapers.com, « 41e édition de la JIF : les données statistiques de la violence faite aux filles et aux femmes au Cameroun et en RCA », mars 2026 ; Institut national de la statistique du Cameroun, « Les femmes et les hommes, les filles et les garçons au Cameroun », disponible en PDF.
20« Déni de grossesse et néonaticide : aspects cliniques et psychopathologiques » ; « Le déni de grossesse : un défi clinique et psychologique » ; « Du déni de grossesse au néonaticide : hypothèses diagnostiques autour d’un cas », EM-Consulte / Science Direct, synthèse de la littérature clinique internationale sur le sujet, à mobiliser ici à titre de cadre explicatif général et non comme donnée spécifiquement camerounaise.
21Cairn.info, « Psychothérapie des familles camerounaises confrontées à la sorcellerie » https://shs.cairn.info/revue-therapie-familiale-2016-3-page-293?lang=fr, Thérapie familiale, 2016.
22International Crisis Group, « Grossesses et mariages précoces : la face cachée de la guerre contre Boko Haram au Cameroun », 2019.
23Unicef Cameroun, « Politique sociale », données 2022 sur la pauvreté monétaire et ses disparités régionales.
24Code pénal camerounais, dispositions relatives au viol et aux rapports sexuels avec mineur.
25Ministère des Affaires sociales du Cameroun (Minas), « État des lieux sur la protection sociale de l’enfance ».
26Mincepat, Unicef, BIT, « Politique nationale de protection sociale (PNPS) au Cameroun », disponible en pdf]. En 2016, une plateforme nationale de protection de l’enfance a même été créée en partenariat avec l’Unicef pour mieux coordonner la prévention, le signalement, la prise en charge et la réinsertion des enfants victimes de violences.
Cette architecture institutionnelle, réelle sur le papier, se heurte à deux limites structurelles. La première est budgétaire. Les priorités d’investissement de l’État pour le triennat 2024-2026 mentionnent certes la poursuite du projet Filets sociaux et de la Politique nationale du genre, mais, dans une programmation dominée par les grands projets d’infrastructures et la reconstruction des régions en crise, la part consacrée spécifiquement à la protection de l’enfance reste difficile à isoler et, selon plusieurs acteurs du secteur social, structurellement sous-dotée au regard de l’ampleur des besoins[[Minepat, « Programmation budgétaire 2024-2026 : les priorités sont connues » ; Minas, art. cité, sur les limites de la décentralisation des services sociaux.
27Mincepat, « Programmation budgétaire 2024-2026 : les priorités sont connues » ; Minas, art. cité, sur les limites de la décentralisation des services sociaux.
28Jeune Afrique, « Au Cameroun, la polémique sur les infanticides obligera-t-elle l’État à agir ? », avril 2026.